En mai dernier, Techna réunissait 220 de ses salariés (sur les 310 que compte le groupe à travers le monde) pour sa journée Techna Live. Cette réunion fut l’occasion de présenter le plan Impulse 2025, portant les ambitions du groupe à l’horizon 2025.
Les ambitions de Techna à l’horizon 2025 sont rassemblées dans le plan Impulse 2025. Loin d’une simple déclaration d’intention, il s’agit de projets, assortis de plans d’action et de lignes budgétaires, nés d’un travail collaboratif engagé par les équipes depuis l’été 2021. « C’est une démarche qui a impliqué pas moins de 120 salariés pendant près de six mois », présente Jean-Marc Pinsault, directeur général du groupe Techna.
« La première étape a été de réaliser en interne une quarantaine d’audits afin d’identifier nos points forts et points faibles. Cela a permis de faire émerger une centaine d’idées et pistes d’amélioration ou de développement. Un groupe de 40 personnes, réuni en séminaire, en a sorti dix chantiers prioritaires. Chaque chantier a été pris en charge par un pilote, qui a constitué son équipe pour transformer cette idée en un objectif concret, avec une feuille de route datée et chiffrée. »
Une fois intégrées dans un business plan et leur cohérence validée, ces ambitions sont devenues celle du groupe Techna.
L’indépendance et le collectif au service de la performance
La façon dont cette feuille de route a été élaborée et est désormais portée par l’ensemble des salariés traduit bien l’organisation et la spécificité du groupe Techna, qui cultive son indépendance comme un bien précieux. « Elle est garantie par nos fondations financières solides, rappelle Jean- Luc Mousset, président de Techna et directeur général de Techna France Nutrition. Les salariés sont les propriétaires majoritaires de Techna. Nos conseils et services s’exercent ainsi en toute indépendance auprès de nos clients partenaires. »
« Cette indépendance financière permet aussi d’installer un projet d’entreprise à long terme, renchérit Jean-Marc Pinsault. Nous ne recherchons pas la rentabilité financière à court terme imposée par des actionnaires déconnectés de nos réalités. Notre approche de la performance financière et économique est longtermiste et collective. Elle nous permet de construire des relations de partenariat, saines et durables, avec nos clients et avec les salariés, dans une recherche constante de performance technique, économique et environnementale pour nos clients. Nous nous plaçons dans une relation consultative et partenariale pour aider nos clients à atteindre des résultats : nous vendons notre expertise technique et des produits efficaces appuyés par une démarche d’innovation scientifiquement prouvée. »
Techna voit aussi dans cette indépendance l’une des raisons du fort engagement de ses salariés : aujourd’hui un salarié sur quatre est actionnaire et le mouvement s’accélère. Chaque année, les salariés peuvent entrer ou renforcer leur part dans la société à capital variable dont ils contribuent à augmenter le capital. « En investissant ainsi leur argent personnel, ils deviennent eux-mêmes entrepreneurs et sont associés au quotidien à la performance de l’entreprise », constate Jean-Luc Mousset. « Cette culture entrepreneuriale a un impact sur le niveau d’engagement et la responsabilité qu’ils portent dans leur métier », ajoute Jean-Marc Pinsault. Au-delà de la perspective que les salariés projettent dans leur entreprise, cette implication permet aussi au groupe de fidéliser ses troupes. « Dans le monde du travail d’aujourd’hui, c’est un atout indéniable. » Enfin, en matière de choix personnels, les deux dirigeants rappellent qu’ils sont tous deux fils d’éleveurs : « les valeurs que nous plaçons en tête de nos priorités pour Techna sont en parfaite cohérence avec nos histoires et notre éducation. »

Un état d’esprit de pionniers
Jean-Luc Mousset rappelle les fondations historiques du groupe posées sur un état d’esprit de pionnier : « en 1964, la création de Techna reposait uniquement sur la matière grise. Nous n’avions pas d’usine, aucun produit à vendre. Nous nous positionnions comme des spécialistes consultants. La partie produit n’est apparue qu’en 1983. » Cette dernière s’est renforcée dans les années 1990 et 2000 par les rachats des entreprises Paskacheval puis Nutral, qui ont initié le métier des spécialités nutritionnelles pour le groupe. Les années 2000 ont également vu Techna explorer l’univers du végétal et de la biostimulation de l’immunité des plantes au travers du rachat de Hexagri et développer ses solutions en « santé naturelle ». Cette période a aussi été marquée par le développement à l’étranger du groupe et la création de filiales dans plusieurs pays pour renforcer la proximité et la personnalisation des solutions.
Jean-Marc Pinsault résume le positionnement actuel du groupe : « nous nous décrivons comme des experts de la nutrition et de la santé, indépendants, au service des productions agricoles en France et dans le monde, majoritairement des productions animales et, dans une moindre mesure, végétales. Notre mission est de fournir des solutions innovantes, fiables et durables dans les domaines des techniques d’élevage, de la nutrition de précision et de la santé naturelle. Notre objectif est de servir la performance technique, économique et environnementale de nos clients partenaires, pour sécuriser la performance globale et durable de leur activité. »
Un savoir-faire basé sur les compétences
Le projet Impulse 2025 mise sur la croissance des deux activités, avec l’ambition de faire passer le chiffre d’affaires total de 70 à 85 millions d’euros et sa part de l’étranger de 40 à 50 % à l’horizon 2025. Réalisée par le biais de filiales ou depuis la France, l’activité en dehors de France est réalisée pour 95 % en Europe, Moyen-Orient et Afrique, les territoires historiques de Techna. L’implantation en Asie, ainsi que le développement en Afrique, sont identifiés par Techna comme des « territoires de développement pour l’avenir ». Ainsi, la dernière filiale Techna Afrique centrale et Ouest est basée en Côte-d’Ivoire et une nouvelle filiale est en cours de création en Inde. « Ces dernières années nous ont prouvé qu’un virus pouvait totalement gripper la logistique mondiale, commente Jean- Marc Pinsault. Nous sentons le besoin de renforcer la mise en place d’implantations locales, afin d’être encore plus réactifs, depuis nos sites industriels ou filiales qui seront encore davantage des relais opérationnels sur le terrain. » « Afin aussi de mieux valoriser les matières premières locales, dans une démarche de circuits courts », précise Jean-Luc Mousset.
Techna imagine pour cela un véritable transfert de compétences : « cela nécessite un effort de formation, afin de permettre le développement des compétences localement et de façon homogène au sein du groupe ». En effet, comme Jean-Luc Mousset se plaît à le rappeler : « la science, les technologies et les compétences sont les bases de notre savoir-faire. Nous développons des produits de haute efficacité qui sont soutenus par des expertises. De la même manière, notre conseil s’appuie sur la formulation qui, elle-même, nécessite les analyses du laboratoire et la maîtrise des concepts technologiques en usine. Notre savoir-faire se déploie au travers d’une haute technicité. La maîtrise de ces compétences est nécessaire chez tous nos collaborateurs, qu’ils soient en France ou ailleurs dans le monde. »
Dans ce même objectif, Techna compte « déployer » ses stations expérimentales : en plus d’Euronutrition en France, l’une existe déjà en Tunisie et un projet est à l’étude en Côte-d’Ivoire. Elles s’accompagnent d’un réseau de fermes pilotes qui sont des structures semi-expérimentales, permettant la recherche appliquée, ainsi que la collecte des données grâce à des capteurs et autres automates.
Les données au cœur de la connaissance et de la performance
Un autre élément majeur est mis en évidence dans le projet Impulse 2025 : le poids des données et l’importance des outils d’aide à la décision. « Nous voulons donner davantage d’autonomie à nos clients fabricants et intégrateurs dans leur accompagnement technique et dans leur capacité à prendre leurs décisions en toute connaissance de cause, constate Jean-Luc Mousset. Nous allons continuer à développer notre plateforme digitale We-Feed en lui adjoignant de l’analyse en temps réel, de la simulation et du prédictif. »
Ces outils agglomèrent des données de performances techniques que Techna est, d’ores et déjà, capable de mettre en lien avec des programmes alimentaires. La prochaine étape sera de qualifier la relation entre l’environnement, le programme alimentaire et la performance. « Nous allons intensifier nos efforts pour collecter les données en temps réel, afin de piloter les performances en direct et ne plus devoir attendre que le lot soit achevé pour intervenir et corriger sur le lot suivant. » Techna annonce un budget R&D de quatre millions d’euros, dédié à ce domaine de connaissance.
Françoise Foucher