Sommet de l’élevage 2011 : le rôle tampon des fabricants

Le 14/11/2011 à 10:29 par La Rédaction

Cours de la viande et du lait, GIE export, contractualisation, accord interfilières, G20 agricole, sécheresse avortée, récolte record de maïs : on a connu pires enlisements et perspectives. Les fabricants font leur métier, c’est-à-dire tampon.

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. C’est encore peut-être encore plus vrai en agriculture que dans tout autre secteur. Octobre 2011, le Sommet de l’élevage fête ses 20 ans. La filière met les petits plats dans les grands. Les prix sont rémunérateurs, en lait comme en viande. On est passé à côté de la catastrophe du siècle avec la sécheresse, on se demande encore par quel miracle. Mieux, le maïs s’apprête à battre des records de rendement tandis que l’herbe s’est refait une santé durant l’été. Mais toujours pas de ministre à Cournon et encore moins de Président.

Ni les éleveurs, ni les gouvernants n’ont pourtant démérité. Pour ces derniers, c’est l’inscription de l’agriculture au menu du G20 à Paris les 23 et 24 juin qui constitue peut-être le plus beau trophée. Une grande première depuis la création du G20 en 1999, motivée par l’exacerbation de la volatilité des prix des matières premières agricoles. Les ministres bâtissent un programme d’action en cinq points, dont le seul premier suffit à combler la veuve et l’orphelin : il faut augmenter la production partout dans le monde. Produire plus, ni moins mais plus. Au même moment, la sécheresse dépose les armes et les orages répondent aux oracles. On verra comment l’UE27 et la PAC 2013 accorderont leurs violons avec le G20 agricole 2011 mais en attendant, c’est dit, écrit, colporté.

Accord amont-aval et interfilières

Les instances internationales se bougent et il faut s’en réjouir. Les professionnels se donnent le mot et accompagnent le mouvement, notamment avec l’accord du 3 mai, un accord signé par les représentants des producteurs, des transformateurs et de la distribution pour une meilleure répercussion de la volatilité des cours des matières premières dans les filières animales. Le 15 juin suivant, un autre accord interfilières est paraphé par les producteurs de grandes cultures, les organismes stockeurs, les fabricants d’aliments du bétail et les éleveurs. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes agricoles même si rien n’est jamais acquis.

Et les fabricants d’aliments dans tout cela ? Ils formulent, reformulent et reformulent encore et toujours. C’est leur métier que de composer avec les fluctuations de prix des matières premières, qui ont toujours existé, mêmes si les céréales offraient jusqu’à ces dernières années un répit certain comparées aux autres produits. Si pour les éleveurs, les années se suivent et ne se rassemblement pas, l’échelle est plutôt de l’ordre du semestre pour les fabricants d’aliments, du moins cette année. Jusqu’au 30 juin, il fallait se couvrir par tous les moyens – et à tous les prix – face à la menace de pénurie de fourrages. Depuis le 30 septembre, l’herbe et le maïs, revenus des flammes de l’enfer de la sécheresse, peuvent laisser pointer ici ou là des taux de couverture un peu élevés. Des vaches de réforme et des broutards vendus pendant l’épisode sec ne seront pas là non plus cet hiver. Les perspectives favorables offertes par les cours de la viande et du lait inciteront peut-être les éleveurs à aller chercher les derniers kilos. Tout est dans la formulation.

Raphaël Lecocq

 ... Retrouvez l'intégralité de l'article dans la RAA 651 - Novembre 2011