La journée technique organisée par l'Institut du Porc avait pour but d’évaluer l'impact environnemental du porc, de l'élevage à l'abattoir, et de développer ses voies d'amélioration.
La production porcine représente une émission de 2,7 kg de CO2/kg de porc vif... les matières premières représentent 89 % du bilan carbone des aliments pour animaux... le transport des animaux vers l'abattoir représente de 1 kg équivalent de CO2 par porc à 3,3 kg équivalent de CO2 par porc abattu. Telles sont quelques conclusions chiffrées de la journée organisée par l'Ifip sur le thème de l'affichage environnemental des produits du porc : risques ou opportunités pour la filière porcine ?
- Christine Cros (Ademe) : « Ne pas choisir plus de trois indicateurs par catégorie de produit. »
De nombreux intervenants se sont succédé à la tribune, apportant chacun un angle complémentaire sur un sujet nouveau, complexe et d'actualité. Une expérimentation nationale d'affichage environnemental des produits de grande consommation a en effet commencé dès le 1er juillet 2011, comme l'a rappelé Christine Cros, chef du service Eco-conception et Consommation Durable de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) dans son ouverture. « Les objectifs de l'affichage environnemental sont multiples », rappelle Christine Cros : informer le consommateur sur les impacts environnementaux d'un produit lors de l'acte d'achat, assurer la comparabilité de l'information (même méthode), fournir des éléments de référence aux producteurs et inciter la chaîne de l'offre à s'améliorer.
L'expérimentation nationale qui débute le 1er juillet fait suite à deux ans de travail mené de front par l'Ademe et l'Afnor pour mettre au point des référentiels sectoriels. Pas moins de douze groupes de travail sectoriels ont planché sur des règles par catégories de produits (dont un groupe pour l'alimentaire et les produits animaux), notamment sur la définition d'un indicateur relatif à la biodiversité et à la consommation d'eau. Concernant le groupe de travail relatif à l'alimentation humaine et aux animaux de compagnie, plusieurs règles sont en discussion, notamment autour de la définition d'une unité fonctionnelle (100 g, 100 ml ou portion) et des indicateurs d'impacts : changement climatique (émission de gaz à effet de serre), consommation d'eau, qualité de l'eau (eutrophisation marine et éco-toxicité aquatique), biodiversité (en cours de définition).
Moins de rejets
Dans son intervention, Yvon Salaün, de l'Ifip, a apporté des éléments concrets sur les enjeux et les voies de maîtrise des impacts environnementaux en élevage porcin. « Les élevages ayant une bonne efficacité technique ont moins de rejets », affirme Yvon Salaün qui rappelle qu'en pratique depuis 25 ans, on peut estimer entre -40 à -45 % la baisse de l'excrétion azotée par les porcs. Cette réduction des rejets touche également le phosphore (-60 à -70 % depuis 25 ans, peut-on aller au-delà ?) et les métaux (on est passé en zinc de 250 ppm à 150 ppm aujourd'hui et en cuivre de 100 à 25 ppm). Puis le conférencier s'intéresse à l'origine des émissions de gaz en production porcine, notamment aux émissions d'ammoniac (dont 55 % proviennent du bâtiment, 10 % du stockage des déjections et 35 % de leur épandage), et de gaz à effet de serre. 70 % de ces derniers se composent de NH4 (méthane) et 30 % de N2O (protoxyde d'azote). Selon l'Ifip, les émissions d'ammoniac sont supérieures de 17 % dans un élevage sur fumier par rapport à une conduite sur lisier. De même, les gaz à effet de serre sont beaucoup plus importants en modèle fumier qu'en lisier, et portent principalement sur du N2O.
Différentes solutions existent pour réduire ces émissions : le lavage de l'air (abattement de 40 à 90 % de l'ammoniac, + 3 à 5 % de coût/place), la séparation fèces-urines à la source (émission de NH3 réduite de 40 à 60 %, moins 50 % d'émission d'odeur), ou la couverture des fosses. La consommation d'énergie est un autre champ d'action abordé par Yvon Salaün. Selon l'Ifip, les principaux postes de consommation d'énergie sont le chauffage (46 %) et la ventilation (39 %), le poste alimentation ne représentant que 4 % du total. « Il existe une grande variabilité au sein des élevages pour chaque paramètre technique et il ne faut pas s'arrêter à des données générales », commente le conférencier par rapport au sujet de la journée. Si la mise au point d'une méthode commune est un préalable nécessaire, encore faut-il avoir des données de qualité pour l'alimenter, résume Yvon Salaün.
Philippe Caldier
... Retrouvez l'intégralité de l'article dans la RAA 649 - Septembre 2011