En organisant le 6 juin une journée sur « les défi s de la nutrition et des filières animales », le groupe Soréal a souhaité présenter les nombreux travaux engagés depuis près de quatre ans sur son site de Joigny près d'Auxerre dans l’Yonne.

Ayant son siège à Vonnas dans l’Ain, Soréal (Société régionale d’alimentation animale) compte six coopératives actionnaires (Dijon Céréales, 110 Bourgogne, Interval, Terre d’Alliances, Coopérative Bourgogne du Sud et Terre Comtoise) et trois sites de production d’aliment, dont deux en propriété (à Vonnas et à Joigny dans l’Yonne), un troisième site étant partagé à Louhans (Saône-et-Loire) avec LDC pour la production d’aliment volailles
« Joigny est la seule usine multi-espèces dans un rayon de 200 km et nous sommes spécialisés non seulement sur le ruminant et la volaille mais aussi sur le gibier, le lapin et le cheval. » Christian Pocard, directeur général du groupe Soréal, nous reçoit à l’usine de Joigny à l’occasion de la journée porte ouverte. Construite sur la base d’un ancien moulin, l’usine de Joigny a produit de l’aliment du bétail dès sa construction en 1974 et, comme l’usine de Vonnas dans l’Ain, elle a fait l’objet d’un programme intensif d’investissements depuis 2012, date qui marque l’arrivée de Christian Pocard à la direction du groupe. « Depuis plus de six ans, la rénovation de nos sites vise plusieurs objectifs, rappelle Christian Pocard. Une mise aux normes, une insertion paysagère plus agréable, un développement des volumes et la recherche de partenaires au niveau régional car l’usine de Joigny n’a pas atteint sa capacité maximum. »
Recherche de valeur
Pour l’usine de Joigny comme pour l’ensemble du groupe, l’objectif est la valorisation des produits locaux. « Nous sommes dans une région où les céréales sont en perte de valeur, d’où l’importance pour les agriculteurs de rechercher une valeur ajoutée au travers de productions animales comme la volaille (chair ou ponte), espèce qui connaît la plus forte progression des tonnages d’aliment, le porc, le bovin ou le mouton. D’autre part, 65 % des matières premières utilisées par l’usine de Joigny proviennent d’un rayon de moins de 150 km. La présence d’une trentaine d’exposants lors de la journée porte ouverte du 6 juin est à l’image de la réflexion filière du groupe Soréal. Nous souhaitons développer nos partenariats avec l’aval des filières animales », note M. Pocard dont le groupe est actionnaire de l’usine d’aliment volailles LDC de Louhans. Le porc n’est pas en reste dans cette stratégie, avec l’inauguration en mars 2017 d’un nouveau bâtiment de mille places d’engraissement sur l’élevage Clermidy et le projet de construction d’un autre à 20 km de Louhans d’ici la fin 2018 (5 500 porcs/an).
Visite d’usine
La visite de l’usine de Joigny s’est déroulée durant toute la matinée, avec des présentations claires et des chiffres clés pour chacun des postes importants. Le poste réception matières premières occupe deux personnes (contrat, planning, réception, facturation, échantillonnage) pour un total de 75 000 t/an, soit 300 t/j. L’usine transforme trente matières premières différentes, dont six liquides (mélasses, huiles, acides aminés, etc.), qui sont stockées dans seize cellules de 250 t. Les principales matières premières utilisées en volume sont le blé (34 %), le colza (16 %), le maïs (10 %), le tourteau de soja (8 %), le son (8 %), l’orge (6 %), la pulpe de betterave (6 %), le tourteau de tournesol (4 %), le remoulage (4 %) et la drèche de blé (4 %). Le poste réception comporte deux fosses, dont une pour les matières premières non OGM. Puis Bernard Reine, responsable fabrication, nous a apporté des informations sur le fonctionnement de l’usine. Cette dernière fonctionne en 3x7, avec sept personnes à la fabrication et deux à la maintenance. Avec plus de 900 formules, l’usine de Joigny a un potentiel de 350 à 400 t/j, la moyenne d’un lot étant de 7,5 t. Les matières premières passent successivement par une benne peseuse (minimum : 2,5 t/lot, maximum : 5 t/lot), un broyeur (de 25 à 50 t/h), une mélangeuse, et si besoin un mélasseur, pour aboutir à quatre presses dédiées chacune à des fabrications spécifiques (voir tableau ci-dessus). Le cycle de fabrication comporte ensuite un refroidisseur (par l’air ambiant), si besoin un émietteur, avant les dernières phases de tamisage et de stockage.
Puis un arrêt est fait au poste microdosage qui concerne tout un groupe de matières premières telles que les minéraux (sel, carbonate, phosphate, magnésie), les prémix, les oligo-éléments, les vitamines, les extraits de plantes, les prémélanges médicamenteux, l’urée, les arômes, soit un total de 90 références représentant 2 t/j de sacs manipulés. La visite se termine par le magasin sac, un des fleurons des investissements fait à Joigny. Avec plus de 340 références et trois tailles de sacs (10, 20 et 25 kg), il permet de stocker 7 000 t de sacs par an, soit 30 t/j. Les visiteurs découvrent pour finir l’expédition vrac en quelques chiffres : 17 chauffeurs travaillant en binôme, sept véhicules spécifiques dédiés à la nutrition animale avec système de traçabilité embarqué, 15 à 20 tournées par jour, soit 4 000 tournées par an et 1 140 000 km parcourus. Les délais de fabrication et de livraison sont de 48 heures, sauf le médicamenteux (72 heures), tous les secteurs étant desservis en moyenne tous les deux jours. Au niveau du poste de chargement se situe également une unité de fabrication de mash (11 000 t/an). Cette dernière fait appel à cinq matières premières en l’état (plaquette de lin, pulpe de betterave, luzerne, flocon de maïs, drèche de blé) et plus de quinze noyaux granulés.
Philippe Caldier