Le groupe Avril et la coopérative Euralis ont créé, dans les Hautes-Pyrénées, une unité de trituration de graines de soja d'une capacité de 25 000 tonnes. Un investissement de 3,65 millions d’euros qui contribue à la structuration de la filière soja dans le bassin de production du Sud-Ouest.

C'est l'un des outils qui doit permettre de passer à la vitesse supérieure dans la production de protéines végétales made in France. Située à Vic-en-Bigorre (65), à quelques kilomètres au nord de Tarbes, l'unité de trituration Sojalim a été inaugurée le vendredi 8 septembre dernier. Portée par les groupes Avril et Euralis (près de 12 000 adhérents dans les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées), elle est nichée sur le site de l'usine de fabrication d'aliments Sanders-Euralis. Son capital est détenu à 55 % par Sanders-Euralis et 45 % par le groupe Avril.
25 000 tonnes de soja
Sojalim va transformer 25 000 tonnes (t) par an de soja produit en France, dont 5 000 t biologiques. Les premières triturations ont été réalisées début juillet. Un peu plus de huit mois de travaux ont été nécessaires. Ils ont constitué la dernière étape d'une démarche engagée dès 2015.
Cette année-là, les groupes Avril, Euralis, mais aussi le groupe de distribution Carrefour et la coopérative porcine Fipso (300 adhérents éleveurs de porcs répartis dans le Sud-Ouest) s’asseyaient à une même table et dessinaient la relance d’une filière engagée pour la durabilité et la qualité du soja français. En mai 2016, ces discussions ont abouti à la signature d’un partenariat autour de la relocalisation d’une filière de soja origine France dans le Sud-Ouest. Le projet Sojalim a vu le jour à ce moment-là. « Sojalim est le fruit de la volonté commune de tous les maillons régionaux des filières végétales, animales et transformations. Il puisera sa force dans cet engagement à construire une filière durable répartissant équitablement la valeur créée », commente Michel Vernet, président de Sojalim et par ailleurs directeur général de Sanders-Euralis.
Les volumes de productions cibles s'établissent ainsi à 18 700 t par an de tourteaux de soja dépelliculé (dont 3 900 t en biologique), 2 800 t d'huile (dont 560 t biologiques) et 800 t de coques. Dans un premier temps, l'ensemble des produits sont voués à une valorisation en alimentation animale. « Il faut bien voir que l'on obtient un produit spécifique, qui se démarque du tourteau d'importation, fait remarquer Michel Vernet. On a un produit légèrement plus riche en protéines, avec une visée à 48. Avec notre process en pression thermique uniquement, on conserve aussi environ 9,5 % de matières grasses. En monogastriques notamment, cela présente un intérêt nutritionnel. » La coque va être, quant à elle, principalement incorporée dans la fabrication pour ruminants.
Outre les caractéristiques techniques, la production de soja français tracé non-OGM présente, aujourd'hui, un atout commercial majeur. Cet enjeu est incarné notamment par le groupe Carrefour. Depuis 1992, celui-ci développe des produits filières répondant à des cahiers des charges exigeants (étiquetage non-OGM depuis 2010). Dans le partenariat signé en mai 2016, Carrefour souhaite maintenant que la viande de porc Filière Qualité Carrefour du grand Sud-Ouest, actuellement proposée par Fipso, soit issue d’animaux nourris exclusivement avec des matières premières végétales françaises et notamment avec du tourteau de soja exclusivement 100 % d’origine France.
F. Brèthes