À l’occasion de sa convention annuelle qui s’est tenue à Paris, Coop de France Nutrition animale a voulu mettre en lumière les évolutions nécessaires de la profession face aux nouvelles habitudes alimentaires des Français et les différentes innovations mises en place pour accompagner les filières en ce sens.

« Nous sommes confrontés à des problématiques de plus en plus complexes, avec des enjeux de société situés en périphérie de notre métier comme la sécurité sanitaire, la durabilité, etc. Nous sommes au-delà de notre périmètre d’action strict, ce qui implique de traiter ces questions en co-construction avec nos partenaires des filières et plus largement avec la société. » En ouvrant les débats de la convention annuelle de Coop de France Nutrition animale, Jean-Luc Cade, son président, a mis en exergue la complexité d’un cadre d’action pris entre les évolutions de la société et les impératifs d’une industrie au service de cette société. Des enjeux aussi mis en perspectives par Éric Birlouez, sociologue, qui a décrit les changements rapides et nombreux des Français face à leurs habitudes alimentaires, mouvements auxquels l’industrie de l’alimentation animale doit s’adapter, notamment en termes d’agriculture biologique. « Avec une croissance de +19 % au premier semestre de 2018, la production française d’aliments bio pour animaux suit la tendance de la consommation des produits animaux bio. Les aliments pour animaux fabriqués pour les filières biologiques représentent un volume d’un peu plus de 400 000 tonnes sur les 21 millions de tonnes que les fabricants français d’aliment produisent », explique ainsi Jean-Luc Cade.
Anticipation nécessaire
Mais alors : Quelle alimentation animale dans le paysage de l’agriculture et de l’alimentation humaine de demain ? « Telle est la question qui a sous tendu tout au long de l’année nos échanges avec nos adhérents et a nourri notre réflexion stratégique, poursuit le président de Coop de France Nutrition animale. En émerge la nécessité d’anticiper et de s’organiser pour répondre aux attentes des consommateurs ainsi qu’aux grands enjeux sanitaires et de durabilité auxquels sont confrontées les filières animales. En émerge également un besoin d’accompagnement adapté des éleveurs plus global, à forte valeur ajoutée pour davantage d’optimisation et de compétitivité en élevage dans une approche systémique de l’exploitation agricole. Sur ces deux axes majeurs, l’alimentation animale a sa partition à jouer : elle est à même de contribuer avec les filières à la structuration de leurs offres et à leur recherche de valeur et de compétitivité en leur proposant son expertise, ses innovations, ses solutions individuelles ou collectives. »
Nouvelles initiatives
« Sur la base de ce constat, la filière de la nutrition animale est en ordre de marche et innove de longues dates avec Oqualim pour la sécurité sanitaire et Duralim pour la durabilité de l’alimentation des animaux d’élevage, poursuit Jean-Luc Cade. Sur ce dernier chapitre, l’ambition est claire : faire du non déforesté le standard de demain », insiste-t-il avant de mettre en avant de nouvelles initiatives : « Notre secteur est riche en projets collectifs pour répondre aux enjeux de demain. La création d’une école des technico-commerciaux de la nutrition animale, portée par l’Aftaa, dont l’ouverture est attendue dès l’automne 2019, préparera des techniciens adaptés aux besoins des éleveurs de demain. La création d’une plateforme technologique des aliments pour animaux, le projet Apitec portée par Tecaliman, renforcera l’innovation technologique et les process. Enfin, nos travaux sur la biosécurité en usine et au transport participeront à renforcer la sécurité sanitaire des élevages. » Autant d’actions évoquées lors d’une table ronde consacrée aux moyens mis en œuvre pour accompagner les démarches d’innovation des industries de l’alimentation animale.
H. de Yrigoyen