La 3e édition du Breizh Algae Tour s’est tenue à Nantes le 15 septembre dernier, devant des participants venus du monde entier pour découvrir la filière algues bretonne et ses applications en alimentation animale et humaine. L’occasion de faire le point sur les avancées scientifiques et commerciales les plus récentes en la matière.

« Les algues offrent un océan de nouvelles opportunités en nutrition animale et humaine. Les limites de la connaissance scientifique et technique sont sans cesse repoussées », s’enthousiasme Hervé Balusson, PDG d’Olmix. L’entreprise bretonne de biotechnologie est à l’initiative de ce rendez-vous destiné dans un premier temps aux acteurs de la nutrition animale. « C’est pour ce secteur d’activité que nous avons développé nos premières gammes de produits à base d’algues. Mais l’heure est au développement de nouvelles solutions en nutrition et santé humaine », explique Hervé Balusson, pour justifier l’orientation food and health prise par cette troisième édition. Après une matinée de présentation dédiée au fonctionnement de l’intestin, « deuxième cerveau et principal organe de l’immunité chez l’homme », les participants ont été orientés vers des ateliers thématiques en fonction de leurs affinités avec les différentes applications des produits « algo-sourcés » : les algues au service de la nutrition des sols et des plantes, de la nutrition et santé humaine et de l’alimentation animale.
Des algues pour réduire l’utilisation d’antibiotiques

Mustapha Berri, ingénieur de recherche Inra (UMR 1282), a souligné tout l’intérêt que représentent les ulves dans la lutte contre l’antibiorésistance. « C’est l’une des menaces les plus sérieuses à laquelle nous sommes confrontés. Certaines bactéries sont devenues résistantes du fait d’une consommation abusive dans les élevages. Mais dans le sillon des animaux, c’est l’homme qui est menacé ». Depuis 2006, l’Europe a pris conscience du risque d’antibiorésistance, avec l’entrée en vigueur de règlements qui restreignent l’usage des antibiotiques. Parmi les solutions alternatives proposées sur le marché de l’alimentation animale, le groupe Olmix a développé une gamme de produits à base d’algues. « Les ulves récoltées sur le littoral breton ont l’avantage de se reproduire très rapidement, sans apport d’eau douce, formant une importante quantité de biomasse disponible. Mais leur intérêt principal réside dans leurs propriétés biochimiques. Elles renferment, dans leur paroi, des polysaccharides sulfatés, qui sont en quelque sorte les composants actifs de l’algue. Ces polysaccharides sulfatés ont des propriétés antimicrobiennes et antioxydantes qui peuvent être exploitées en nutrition animale », explique Mustapha Berri. Pour illustrer son propos, les équipes de l’Inra ont présenté un test in vitro de l’activité antimicrobienne des algues. Cinq souches de bactéries très présentes dans les élevages, (S. thyphimurium, S. aureus, L monocytogenes, E. coli, etc.), ont été cultivées dans différentes boîtes de pétri contenant chacune des concentrations différentes de polysaccharides sulfatés d’algues. « On constate à l’œil nu que le développement des bactéries est inhibé par la solution. Plus la concentration en polysaccharides sulfatés est importante, moins il y a de bactéries, fait remarquer Mustapha Berri. Un effet bactériostatique que nous chercherons à confirmer par des essais in vivo chez le porc. »
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O. W.
Retrouvez l'intégralité de l'article dans la RAA 680 octobre 2014