La dernière assemblée générale du GIE Qualimat Sud-Est a eu lieu le 30 juin à Porto-Vecchio (Corse). Une belle occasion pour faire le point sur l'activité du GIE qui fêtera ses trente ans l'an prochain.

C'est la première fois que Qualimat Sud-Est organisait son assemblée générale en Corse, région où le GIE (Groupement d’intérêt économique) compte trois adhérents. Créé en 1988 (voir encadré), Qualimat Sud-Est regroupe, depuis l’origine, les acteurs des filières d’alimentation animale du Grand Sud/Sud-Est, avec deux objectifs : assurer la régularité de l’approvisionnement en tourteaux de soja standard et tracé et en tourteaux de tournesol Hipro débarqués sur le port de Sète, et contrôler la qualité des produits importés en adéquation avec Oqualim. « La zone de chalandise de Qualimat Sud-Est correspond à un peu plus de 18 % de la production nationale d'alimentation animale », commente Vincent Bergeret, secrétaire de Qualimat Sud-Est qui ajoute que, contrairement à la tendance nationale de baisse de production d'aliment en 2016 (baisse historique de -4,16 % par rapport à 2015 de source Coop de France nutrition animale et du Snia), la production d'aliment a été, sur les quatre anciennes régions couvertes par le GIE, en baisse de manière moins conséquente, voire en progression par rapport à l'année précédente : Rhône-Alpes/Provence-Alpes-Côte D’Azur (-2,34 %), Auvergne/Limousin (-0,65 %), Bourgogne/Franche-Comté (+0,7 %) et Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon (-7,73 %), cette dernière ayant été conjoncturellement fortement impactée par le nouvel épisode de grippe aviaire.
Montée en puissance de Chalon-sur-Saône
La présentation du rapport d'activité 2016 commence comme d'habitude par les statistiques d'activités du GIE. Du côté des tonnages débarqués, 23 navires sont venus en 2016 à Sète. Ils ont débarqué 270 613 t, toutes qualités confondues. Cela représente une hausse de +6,28 % par rapport à l'année précédente, la hausse la plus importante étant pour le soja premium (41 891 t ont été débarquées au cours de cette année, soit une hausse de +35,38 %), suivi du tournesol Hipro qui continue sa tendance à la hausse (79 803 t ont été débarquées au cours de cette année soit une progression de +17,16 %). Le soja standard, quant à lui, continue la tendance à la baisse des volumes avec 148 919 t débarquées au cours de cette année soit une baisse de -4,27 %.
« Au 31 décembre 2016, nous avons totalisé 6 511 395 t débarquées depuis le début des opérations (1988), le M/V Lila 1 étant le 348e navire Qualimat Sud-Est », note le rapport d'activité.
Au niveau des prises d'ordre, le total des quantités achetées par les adhérents et les membres associés* a été de 239 354 t : 145 882 t de soja standard, 37 128 t de soja tracé et 66 344 t de tournesol Hipro, soit globalement une baisse de -5,10 % (voir graphiques).
Les membres associés sont intervenus pour 35 090 t dont 2 480 t de soja tracé et 4 248 t de tournesol Hipro, contre 40 564 t l'année précédente, soit une baisse globale de -13,49 %.
Globalement, les prises d’ordres des adhérents ont baissé de -7 381 t entre 2015 et 2016, cela est dû à la baisse du standard de -12 802 t, une hausse du tracé de +1 588 t ainsi qu'à l’augmentation du tournesol Hipro qui progresse de +3 833 t. « Les prises d’ordres des membres associés continuent de représenter plus de 26 % des quantités contractées en standard », note Vincent Bergeret, soulignant l'importance de ces derniers. Une visite des installations du port de Sète est d'ailleurs prévue en 2017 pour les membres associés.
Mais l'un des principaux faits marquants de 2016 est la montée en puissance de Chalon-sur-Saône, la desserte de la région bourguignonne représentant un élargissement croissant de l’hinterland de Sète par les tonnages supplémentaires qu’elle apporte. « Nous avons réalisé en 2016 la meilleure année en volume depuis que Chalon existe, avec 30 666 t remontées en péniche, avec une forte progression en tournesol Hipro », note le rapport d'activité (voir graphique ci-joint). Cette tendance se confirme en 2017, avec un tonnage de 21 528 t à la mi-juin 2017. « Le port de Chalon est très compétitif en tournesol et soja », précise Vincent Bergeret qui ajoute que cette hausse s’explique essentiellement par le dépannage de Chalon suite aux basses eaux sur le Rhin et, de ce fait, la baisse de compétitivité des ports de Huningue et Ottmarsheim.
P. Caldier