Dans un contexte de surexploitation des ressources marines par la pêche, la valorisation des coproduits trouve tout son sens. C'est le positionnement que tient Aquaculture Natural Solutions, créée par Dominique Corlay, qui assure à la fois le sourcing, le conseil et l'élaboration de solutions nutritionnelles.
Aquaculture Natural Solutions (ANS), située à Coëtmieux dans les Côtes-d'Armor, est une société d’étude et de conseil créée par Dominique Corlay. Cette PME, qui affiche un chiffre d'affaires de 450 000 euros en 2014, se décline autour de trois activités : le sourcing, le conseil et le négoce d'ingrédients marins pour le marché du feed (pour l'aquaculture à 95 %) et du food, « sachant que de plus en plus de produits du feed vont désormais vers le food, en particulier les huiles, constate Dominique Corlay. La progression de ces dernières dans le food (oméga-3, EPA/DHA) se fait au détriment de l'aquaculture, induisant une forte pression sur les prix. »
Produits certifiés durables
Le positionnement d'ANS consiste à valoriser les coproduits de la pêche dans une démarche durable : l'entreprise apporte d'ailleurs une certification « durable » à ses approvisionnements marins, « un enjeu majeur pour le secteur de la nutrition animale », souligne le directeur, illustrant son propos par le cas de l'Irlande, qui a choisi de se positionner à 90 % sur une production de saumon bio : « C'est une démarche de segmentation extrême qui réussit », commente le directeur. ANS développe également des produits plus techniques et à haute valeur ajoutée, comme les hydrolysats : « Ils ont beaucoup d'intérêt grâce à la digestibilité plus élevée de la protéine, et participent à l'immunité de l'animal. Ils sont beaucoup utilisés en petfood, en aquaculture et pour les phases difficiles des animaux de rente, comme le sevrage du porcelet ou les stades de reproduction. »
Le sourcing s'effectue notamment sur l'île Maurice, où sont valorisés les coproduits issus de l'industrie thonière, et au Pérou pour sa pêche de calamars géants, à partir desquels sont fabriqués, à l'emporte-pièce, les encornets, et dont les chutes servent à la fabrication de farines pour l'aquaculture. « Le sourcing se développe aussi fortement à partir de coproduits de l'aquaculture, notamment de saumon, crevettes, pangasius : la tête et la carapace de la crevette servent par exemple pour les farines, les chutes de saumons pour des huiles. »
La valorisation des coproduits les plus simples (poudres) au plus élaborés (huiles et hydrolysats) est en constante augmentation alors que la ressource diminue. « Cela tient au fait qu'on valorise de mieux en mieux les coproduits issus de l'aquaculture, commente Dominique Corlay. Ces ingrédients sont valorisés notamment en petfood, volaille, porcelet ou aquaculture, selon l'espèce cible. »
Qualifier les ingrédients pour l'aquafeed
Les solutions nutritionnelles pour l'aquaculture développées par ANS sont spécifiques aux espèces visées et adaptées aux conditions d'élevage. « Par exemple, nous travaillons en ce moment avec un laboratoire français sur la valorisation de composés actifs très purifiés, extraits d'algues, pour développer un produit dédié aux pathologies de la crevette et aussi du poisson. Ce produit sera destiné au fabricant d'aliments et à l'éleveur. Nous ciblons en particulier les pays en très fort développement, en Asie du sud-est et en Amérique latine notamment. »
L'activité de conseil et consulting s'adresse quant à elle aux producteurs de matières premières pour le marché du feed ou « qui veulent qualifier leurs produits pour l'aquafeed, précise Dominique Corlay. Nous réalisons dans ce cas un protocole d'essai avec un dossier de résultats qui évalue l'intérêt du produit pour l'aquafeed. Nous calculons l'effet dose, la durée et le mode d'administration pour l'espèce cible. On découvre aussi parfois un intérêt en aquaculture. » ANS intervient enfin sur des projets industriels comme des lignes d’extrusion pour de l’aquafeed.
(...)
Sarah Le Blé