Lors de leur assemblée générale à Toulouse, le 13 juin dernier, les fabricants français de compléments pour la nutrition animale, réunis au sein de l’ Afca-Cial, sont notamment revenus sur les règles qui entourent l'usage des aliments diététiques ainsi que la problématique des allégations. Pour en discuter, ils ont invité le professeur Francis Enjalbert.

Préoccupés par plusieurs dossiers, la centaine de représentants des fabricants français de compléments alimentaires pour animaux attendaient avec beaucoup d'intérêt l'intervention du professeur Francis Enjalbert. En tant qu'enseignant à l'école vétérinaire de Toulouse, mais aussi chercheur à l'Inra, celui-ci fait figure de grand spécialiste français des questions de nutrition animale, notamment dans le domaine des ruminants. Son statut de membre de l'Anses lui confère également une grande expertise dans les domaines réglementaires.
Après avoir évoqué les liens complexes qui entourent l'alimentation animale et l'aspect sanitaire des élevages, le professeur est longuement revenu sur les problématiques des aliments diététiques et la question des allégations sur les produits, autour de laquelle planent de nombreuses incertitudes. En préambule de son intervention, il a toutefois tenu à préciser que ses avis ne reflétaient qu'une position personnelle, n'engageant en rien l'Anses.
Un peu moins d'un an après l'abrogation du Code des bonnes pratiques des suppléments nutritionnels, substitués par des aliments diététiques, le sujet suscite toujours beaucoup de regrets dans les rangs des fabricants. « L’ Afca-Cial déplore la disparition de cette catégorie de produits qui permettait un apport renforcé ponctuel de nutriments essentiels, tels que vitamines ou oligo-éléments, dans des situations où les besoins sont supérieurs à la moyenne », a expliqué le président Bernard Fresard.
En effet, la problématique de la dose maximale autorisée pour les aliments complémentaires contenant des additifs revêt de lourdes conséquences. Pour mémoire, un règlement CE appliqué depuis septembre 2010, précise que les aliments ne doivent pas contenir d'additifs à des teneurs supérieures à 100 fois la teneur maximale fixée pour les aliments complets. Ce niveau ne peut être dépassé que dans les cas des aliments diététiques visant des objectifs nutritionnels particuliers.
Des autorisations en route
Au cours des derniers mois, l’Afca-Cial a informé à plusieurs reprises ses adhérents de la nécessaire évolution de leurs gammes de produits afin de respecter les objectifs nutritionnels autorisés et les apports maximums possibles. « Malgré la difficulté d’application sur le terrain, la profession a été au rendez-vous et il apparaît que les nouvelles exigences réglementaires ont été intégrées dans les délais », se félicite le président. Une première vague d'objectifs nutritionnels particuliers a fait l'objet d'autorisations début 2014. D'autres ont été jugés insuffisamment étoffés par la Commission européenne. L'Afca-Cial a donc retravaillé certains dossiers. Ils ont été de nouveau soumis aux instances européennes fin mars.
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