Benoît Rouillé, animateur du Comité national des coproduits basé à l’Institut de l’élevage du Rheu, près de Rennes, confie à la Revue de l’alimentation animale pourquoi les coproduits sont une véritable richesse à mieux connaître à l’avenir.
« Nous sommes une interface entre le monde de l’élevage et les industries agroalimentaires générant des coproduits ». Benoît Rouillé est l’animateur, depuis janvier 2009, du Comité national des coproduits (CNC). Né en 1982, dans le cadre du Réseau national d’expérimentation et de démonstration (RNED) Bovin, le CNC est un réseau d’experts provenant de différentes structures (recherche fondamentale, recherche appliquée, développement, enseignement agronomique, agricole et vétérinaire, industrie agroalimentaire) travaillant en étroite collaboration avec les industries agroalimentaires. « Sa mission est d’acquérir, valider et transférer les informations pertinentes disponibles sur les coproduits, de réaliser des travaux et des études dans le but de préciser les connaissances sur leurs caractéristiques physico-chimiques et valeurs alimentaires ainsi que sur leurs conditions de stockage et de distribution pour le rationnement des animaux d’élevage », explique Benoît Rouillé qui ajoute que les termes « coproduit » et « sous-produit » ne sont pas définis dans la réglementation française. « La définition et l’utilisation du terme « coproduit » relève plutôt d’un consensus entre les professionnels. Dès lors qu’un produit est valorisé, il sera nommé « coproduit », explique Benoît Rouillé.
Mieux connaître les drêches de blé
Les activités générales du CNC sont très variées : rédaction de documents techniques et de synthèse, organisation de journées ou d’interventions pour promouvoir la valorisation des coproduits en alimentation animale, création d’un espace spécifique sur le site Internet de l’Institut de l’élevage (www.inst-elevage.asso.fr), veille scientifique et technique, étude de nouveaux coproduits, réflexion et échanges avec les industriels sur les questions de traçabilité et de sécurité sanitaire, accompagnement pour développer la valorisation dans l’alimentation animale. Son champ d’activité couvre tout particulièrement les coproduits (d’origine agricole ou agro-industrielle) utilisés ou utilisables directement par les animaux, et les références collectées le sont pour les ruminants, équidés et porcins dans la mesure du possible. Le site Internet du CNC permet de découvrir en ligne de très nombreuses fiches descriptives de coproduits, les dernières en date (été 2010) étant consacrées au glycérol, à l’huile et aux tourteaux de palme, et au tourteau de cacao.
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L’expérimentation, qui porte sur des drêches issues de l’usine de bioéthanol de Bazancourt, est en cours de démarrage et se terminera en mars 2011. Où en sont les dernières connaissances sur les drêches de blé ? « Il y a un effet process de fabrication sur la valeur alimentaire des drêches », affirme Benoît Rouillé. À titre d’exemple, les sons sont séparés, puis réincorporés en fin de fabrication à Bazancourt, tandis que l’usine de Lillebonne (76) travaille sur du grain entier broyé.
La solubilité de l’azote des tourteaux de colza est un autre thème d’actualité du CNC. Ce travail fait suite à des remontées terrain du contrôle laitier de Haute-Marne qui constatait que, sous l’appellation tourteau de colza, on pouvait avoir différentes qualités de produits. 35 échantillons, issus à 60 % de Haute-Marne et à 40 % du grand ouest, sont actuellement en cours de traitement, et les premiers résultats montrent une grande variabilité dans la solubilité de l’azote mesurée par la DE 1 (digestibilité enzymatique en une heure), dont la valeur oscille entre 19 et 29 %.
Parmi les autres travaux en cours du CNC figure une étude sur la qualité de conservation de l’ensilage de pulpes de betteraves. Une première phase est en cours avec prélèvement d’échantillons de silos contaminés par des moisissures et des mycotoxines potentielles, les analyses étant réalisées par l’Inra de Theix (63). Une deuxième phase aura lieu au printemps 2011 en mini silo au laboratoire afin de mesurer l’impact du taux d’humidité et de la température sur le développement des moisissures. « Thème récurrent, les mycotoxines avaient fait l’objet de travaux avant 2004 et ce thème a été relancé en 2010 », rappelle Benoît Rouillé (...).
Retrouvez l'intégralité de l'article dans la RAA 641 - novembre 2010